Date: Samedi 17 Février 2007 titre: L'arbre est dans ses feuilles
L'arbre est dans ses feuilles

«Faut voir la job comme un laboratoire d'animation. Tes comme un guide, c'est le jeune qui tamène l'idée. (…) Les jeunes veulent vivre des expériences touchantes, humaines; ce qu'on leur accorde c'est un petit espace de fierté, un petit espace de pouvoir».
explique l'animateur Pierre Massie.

Si vous vous promenez en forêt et que vous ne connaissez pas grand chose à la foresterie, je vous suggère pour identifier un arbre de commencer par les feuilles, c'est le plus facile, surtout en face d'un sujet compli¬qué. J'ai utilisé un peu ta même méthode avec Pierre Massie.
« Tu peux pas croire à quelque chose si ça parait pas dans ta vie», tranche Pierre Massie, l'animateur à la vie spirituelle et
à l'engagement communautaire de la polyvalente Sainte-Thérèse, qui se quali¬fie lui-même de rebelle. C'est comme dire on juge de l'homme à ses œuvres.
Alors Pierre Massie lui, il est beau¬coup dans Le Petit Peuple, cet organisme communautaire d'entraide qu'il a contribué à créer avec une bande d'ados il y a une quinzaine d'années. Dans la Soupicrre aussi, tiens qui porte son nom, ce dépannage alimentaire à la polyvalente Sainte-Thérèse, qui est dcvc¬polyvalente Sainte-Thérèse, qui est deve¬nu une sorte de relais du Petit Peuple.
Avec son passé d'organisateur com¬munautaire, muté un peu tardivement enseignant de religion au secondaire, puis animateur de pastorale, Pierre Mas¬sie donne une couleur très particulière à son métier, il boude les projets à court terme où il pourrait se dépenser comme animateur à la vie spirituelle... «tes semaines de la tendresse, les semaines de l'environnement» dit-il un peu sarcasti-
quement, pour inviter les jeunes de la PST à s'engager dans des projets d'entraide qui exigent toute une infras¬tructure et une certaine permanence. «L'animation communautaire c'est dans la communauté que ça se fait!», sent-il le besoin de précisée Et il ajoute: «Je pense que la PST est très devant-garde dam son

Ainsi» a partir des projets Le Petit Peuple et la Sou pierre, Pierre Massie eu» Mit une relation de confiance avec les
jeunes participants» ce qui lui permet de

Ainsi, à partir des projets Le Petit Peuple et la Soupierre, Pierre Massie éta-, blit une relation de confiance avec les jeunes participants, ce qui lui permet de lever le voile sur une réalité que Ton pressent souvent difficile: «Les problèmes ont augmenté. Il y a plus de solitude chez

les jeunes, même s'ils se promènent tous avec leur téléphone cellulaire et leur ipod. On constate le début d'un phénomène d'itinérance dans la région. Et il y a un problème de consommation (alcool, dro¬gue).», résume-t-il.

Assurer une présence
Alors, voilà bien le paradoxe. Même si Pierre Massie prêche l'axe du développe¬ment de l'autonomie dans tous les pro¬jets où il accompagne les jeunes... «Je suis tout le temps là. Je suis de toutes les campagnes. Ça devient une histoire de présence, c'est ce qui manque dans les familles, c'est peut-être pour ça qu'ils (les jeunes) apprécient que je sois là. (...) C'est un peu le problème du communautai¬re,

t'as pas d'horaire, t'as pas de vie! En fait, ton tra¬vail devient ta vie. Pour un patron, ça exige, une grande confiance dans son employé», explique-t-il.
Si on juge de l'arbre à ses fruits, le passé est garant de l'avenir aussi, dit-on. Pierre Mas¬sie va donc poursui¬vre dans les années qui le séparentd'une retraite dans

la même direction, malgré qu'il sente une certaine lourdeur dans toutes les démarches d'autofinancement tou¬jours à recommencer et une incompré¬hension de son action, parfois, quand un nouveau patron surgit à la PST!
Et là, ma foi du bon Dieu, il se met quasiment à parler comme Stan dans les Boys: «Dans mon livre à moi... C'est beaucoup plus facile d'aimer que de haïr, d'être tolérant

qu'intolérant... Ce qu'on fait avec Le Petit Peuple et la Soupierre, c'est comme payer au suivant. Et on accor¬de aux jeunes un petit espace de fierté, un petit espace de pouvoir.» L'arbre est dans ses feuilles, l'avez-vous com-
pris,là ?

auteur(e): Donald Brouillette source: incertaine