| Date: Samedi 21 Avril 2007 |
titre: La faim qui justifie les moyens |
De nombreux témoignages favorables à la Soupierre ont été entendus.
L
e conflit remonte au début de mars dernier, alors que des directives quant aux normes alimentaires dans les écoles de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-îles provoquaient une rencontre avec l'animateur à la vie spirituelle et communautaire, Pierre Massie, aussi responsable d'un service d'aide alimentaire aux élèves appelé La Soupierre, un endroit où les jeunes trouvent un groupe de référence positif, dans une optique d'entraide mutuelle.
Le 26 février fut la dernière rencontre entre Pierre Massie et le comité de travail voué à réformer La Soupierre, une assemblée constituée de la direction de l'école, la présidente du conseil d'établissement, ainsi que des représentants de la CSSMI. Or, l'homme qui gère ce service depuis une dizaine d'années sort visiblement ébranlé par cet exercice qu'on lui impose et prend un mois de congé d'invalidité. Durant sort absence, la directrice Lyne Gohier interdit le local de La Soupierre à la bénévole qu'il a préparée à prendre sa relève, le local est verrouillé et le service suspendu.
Lyne Gohier appuie sa décision sur le fait qu'une bénévole ne peut légalement occuper un tel poste selon les règles d'embauché, mais ce geste déclenchera un vaste mouvement de protestation. La. directrice instituait aussi un système provisoire de coupons-rabais, afin d'assurer un repas aux plus démunis, dans l'intervalle. Mais l'essentiel reste manquant et, mardi dernier, la maison blainvilloise du P'tit Peuple se remplissait d'élèves de la polyvalente, parfois accompagnés d'un parent et aussi de quelques enseignants, tous venus témoigner de leur appui indéfectible à La Soupierre.
L'animateur Pierre Massie aurait sans doute été touché, voire ému par cette jeune foule venue l'appuyer afin de rouvrir sa petite mission dans le mail de la polyvalente, une foule dynamique qui remplissait son autre lieu de travail social jusque dans le portique. Mais c'est René Gauvreau, un avocat impliqué dans nombre d'organismes au service de la jeunesse, qui venait rencontrer la foule à sa place.
Des témoignages très sensibles ont démontré que La Soupierre nourrissait bien plus que les estomacs, puisque de nombreux jeunes ont raconté tout le bien que cet équipée a pu leur faire, en favorisant le raccrochage personnel, académique et social. Une pause a été prise au retour de laquelle le constat et les volontés étaient sans équivoque: il fallait agir, mais démocratiquement. Le jeudi, on apporte notre lunch!
Deux stratégies se sont dégagées de ces discussions civilisées qui auraient pu servir de leçon parlementaire à bien des adultes.
D'abord, celle de distribuer des pamphlets dans l'école ayant pour titre La faim justifie les moyens, lesquels font un bref survol des activités de La Soupierre pour ensuite demander aux élèves d'apporter un lunch, le jeudi, avec un sandwich supplémentaire, dans un esprit de partage, mais malencontreusement dans la meilleure journée pour la rentabilité de la cafétéria. Il faut dire que les responsables de la cafétéria s'étaient déjà plaints d'une compétition déloyale, on comprend donc qu'ils sont ciblés tels des acteurs du conflit.
Par ailleurs, tous se sont donné rendez-vous à la prochaine assemblée des commissaires, le mardi 24 avril, à compter de 19 h 30, afin de manifester pacifiquement lors de la période de questions. Cette assemblée est tenue dans le centre multiservices situé à l'arrière du centre culturel du boulevard du Séminaire, à Sainte-Thérèse.
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